L'oeuvre d'art de mon oncle - Mark Stevens
Mark Stevens

Mélomane et passionné d'art, sont les mots qui me décrivent le mieux. Que ce soit les peintures, les sculptures ou la danse, tout me passionne. Dans la vie de tous les jours, on me dit que je suis un moulin à paroles. C'est pourquoi j'ai créé cette page. J'ai envie d'élargir mes connaissances, j'ai une soif insatiable d'apprendre et découvrir, et je crois que le fait d'échanger ici, avec vous, me permettra de poursuivre ma quête du savoir

L'oeuvre d'art de mon oncle

L'oeuvre d'art de mon oncle - Mark Stevens

Un jour, j’essayais de trouver dans un petit village, une fontaine qui était indiquée sur ma carte. Elle était réputée pour sa beauté, et j’avais vu sa photo sur Internet. Mes recherches m’avaient amené à cette page qui présentait l’image d’une grande vasque sculptée. Un jet d’eau sortait de la gueule d’un poisson. Le sculpteur était mentionné dans l’article qui la décrivait. Quelle surprise de voir que c’était mon oncle Gaétan qui l’avait réalisée ! Je voulais aller sur place pour constater de moi-même sa beauté. Le lieu était plutôt éloigné de ma résidence. Je décidais alors de m’y rendre en train. C’était un mode de transport que j’affectionnais particulièrement. Il me permettait de voir les paysages, parfois de parler avec le voisin ou la voisine de siège. Quand je suis arrivé à ma destination, le soir tombait. Pas de taxi. Mais je n’étais pas loin du centre de la ville où je venais d’arriver. Je marchais quinze minutes.

C’était agréable cette escapade. Je m’étais permis de partir, car ma planification financière personnelle avait été plutôt bonne. Je vis un bel hôtel situé sur la place principale. Il était haut, cinq étages, et une grosse horloge était incrustée dans sa façade. Les balcons étaient fleuris, les rideaux beiges étaient tirés. Toutes les lumières étaient éteintes. Je soupirais, déçu de ma malchance : une affiche annonçait que la fermeture avait eu lieu dix minutes avant que j’arrive.

Je collais ma tête sur la vitre de la porte, en essayant de distinguer si une ombre bougeait, ce qui m’indiquerait la présence d’un homme ou d’une femme qui pourrait m’aider. Je frappais doucement. J’entendis un aboiement qui, me sembla-t-il, se répercuta dans toute la ville. Un homme en pyjama intima l’ordre au molosse de se calmer. « Que voulez-vous ? », l’entendis-je prononcer d’une voix endormie. « Excusez-moi de vous déranger à une heure aussi tardive, c’est pour avoir une chambre, s’il vous plaît, j’arrive du dernier train et je n’ai nulle part ailleurs où aller. » J’espérais que ma politesse serait remarquée.

Il ouvrit, me demanda de régler d’avance la première nuit, je signais le registre, puis je pus enfin aller me coucher. Le lendemain matin, je regardais les horaires des transports pour aller au village qui m’intéressait. Lorsque je parvins à apercevoir la fontaine sculptée, elle était tout simplement placée à l’angle d’une rue. L’eau jaillissait joyeusement. Je la contemplais longuement en repensant à mon oncle, cet homme si original, et que j’aimais tant.