Une croisière entre amis, qui tourne au drame - Mark Stevens
Mark Stevens

Mélomane et passionné d'art, sont les mots qui me décrivent le mieux. Que ce soit les peintures, les sculptures ou la danse, tout me passionne. Dans la vie de tous les jours, on me dit que je suis un moulin à paroles. C'est pourquoi j'ai créé cette page. J'ai envie d'élargir mes connaissances, j'ai une soif insatiable d'apprendre et découvrir, et je crois que le fait d'échanger ici, avec vous, me permettra de poursuivre ma quête du savoir

Une croisière entre amis, qui tourne au drame

Une croisière entre amis, qui tourne au drame - Mark Stevens

Ça fait deux ans que nous n’avions pas pris de vacances ! Aujourd’hui, ça y est. C’est le grand départ. Destination, la Corse. Une croisière sur un magnifique voilier de 57 pieds (plus de 17 mètres) !

C’est Bernard qui a tout organisé. Il est comme ça Bernard. Il adore prendre des initiatives. C’est son côté « GO ». Quand il était gamin, il était louveteau chez les scouts de la région de Québec. Ça laisse des traces. Embarquer trois couples qui ne connaissent rien à la vie en mer, c’est un sacré défi. En même temps, nous aurons un skipper avec nous. Nous n’aurons qu’à nous laisser « porter par le courant ».

À midi trente, embarquement « porte B », direction Ajaccio, puis avitaillement au port avant la grande aventure. Nous allons parcourir toute la côte sud de la Corse : les îles Sanguinaires, Figari, Bonifacio, Porto-Vecchio, des endroits qui font rêver… Dans quelques heures, nous y serons. J’ai du mal à y croire.

Les enfants sont chez les grands-parents. Les valises sont bouclées. On n’a rien oublié ?

Zut ! Les documents de l’assurance-auto que je devais envoyer sans faute avant le 15 juillet, et nous sommes déjà le 16 !  Comment peut-on être aussi tête en l’air ? Vite. Une enveloppe « grand format ». Où ai-je mis l’adresse ? Si ça continue, nous allons manquer l’avion. Heureusement, j’ai un ami qui possède sa propre entreprise de livraison. Ce n’est quand même pas une livraison de courrier qui va nous empêcher de partir, non ? On le déposera chez lui en passant.

Ma femme, Élisabeth, est un peu inquiète. Elle a peur d’avoir le mal de mer. J’essaie de la rassurer, mais rien n’y fait. Il serait bon de nous arrêter dans une pharmacie avant de quitter. Je n’ai pas envie de l’entendre râler durant tout le voyage.

Nous voilà à l’aéroport. Le rendez-vous est prévu devant la porte 22. Nous connaissons à peine nos coéquipiers. Bernard nous les avait présentés l’année dernière lors d’un vernissage. Nous les trouvions plutôt sympathiques. Mais vivre en promiscuité durant dix jours avec des inconnus, c’est une autre histoire ! Espérons que nous n’aurons pas de problèmes relationnels avec eux.

Bernard nous fait signe. Apparemment, tout le monde est là. Nous avons un peu de retard, mais personne ne nous en tient rigueur. C’est déjà ça.

Je vous épargne les détails du voyage qui s’est déroulé sans encombre. Nous avons même réussi à lâcher prise, et à bavarder avec nos nouveaux amis. Ça n’était pourtant pas gagné. Mon épouse et moi-même, sommes plutôt sauvages et réservés. Mais Bernard a su très vite détendre l’atmosphère. Je sens que nous allons passer des vacances formidables !

Du moins, c’est ce que nous croyions. Avant de quitter la terre.

En fait, pour tout vous dire, ce fut un terrible fiasco. Élisabeth a été malade durant six jours. Heureusement que les quatre jours suivants, elle nous a épargnés. Bernard n’arrêtait pas de jouer les chefs de village, et éprouvait un malin plaisir à nous donner des ordres. Les deux couples qui nous accompagnaient n’étaient pas très bavards, et nous les sentions même plutôt agacés par notre présence. D’ailleurs, nous avons réussi à nous disputer avec eux, deux fois à propos de broutilles. Nous étions à deux doigts de la bagarre générale.

Sans compter que nous avons pris de sérieux coups de soleil (presqu’une brûlure au troisième degré). Notre skipper a réussi à nous envoyer à la baille pendant une manœuvre. Hélène (l’agacée) s’est coincé un orteil dans le winch (et nous avons supporté ses plaintes durant toute la traversée). J’ai dû passer 48 heures dans ma cabine, à cause d’une indigestion. Et pour couronner le tout, nous avons failli mourir de déshydratation, parce qu’il n’y avait plus d’eau minérale à bord. Une nuit pour atteindre le port le plus proche !

Vous voulez que je vous dise ? Il n’y a rien de mieux que de passer ses vacances chez soi. Et puis, le Québec est tellement beau durant l’été.